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VESTIGE

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2019


Nous y sommes presque



« L’oeuvre n’est pas faite de rien. Le matériau est bien la condition d’un faire. » 
Antonia Soulez

On évolue constamment dans notre manière de concevoir. Comme pour l’écriture d’une histoire, c’est en réalité la succession des choix qui esquisse une forme et crée un objet.
Les murs et les sculptures racontent toujours de belles histoires, à travers leur matérialité et leur technique. C’est parce que chaque matériau détient des propriétés différentes, un processus de fabrication et un savoir-faire de mise en œuvre spécifique : participant à sa culture, son symbole.
Chaque œuvre raconterait ainsi l’histoire d’une lutte, celle de l’artiste travaillant la matière. Un combat sans merci entre l’artiste et son bloc de marbre.
Car le matériau appartient à la nature, il est arraché au sol et adopté par l’Homme, qui lui promet sens et servitude.
Au départ il y aurait donc le matériau brut, dispersé, sans concept ni idée ; un fragment ennuyeux et impatient dans l’attente d’être compris. L’œuvre en est l’aboutissement, la compréhension et la raison. En y prêtant attention on peut découvrir des fables à toutes les pierres, les sculptures et les chaises qui nous entourent; chacune d’entre elles témoignant de la quête de sens qu’a donné le matériau à l’artiste, dans un rapport d’asservissement à la fois physique et spirituel.
Car si l’Homme doit respecter les règles physiques du matériau, sa nature matérielle en quelque sorte, il existe également des règles immatérielles, des règles d’écriture et de procédés. Des techniques et des savoir-faire. La culture : c’est la grammaire.


Creusons



Aujourd’hui on lit l’art et l’architecture avec un autre regard. Le lexique change. Et dans cet exercice qu’est la création, la conscience écologique en devient de plus en plus la grammaire.
Ainsi, au-delà de la question du symbole et de la réalisation, c’est toute la dimension environnementale qui devient centrale. On parle de l’impact écologique de la construction et du produit. Le vocabulaire s’enrichit de nouveaux termes, les matériaux ont de nouveaux adjectifs, de nouvelles identités.
Le matériau, c’est à la fois le corps et l’âme de l’objet ; sa ressource mais aussi son essence.
Car c’est ce qui reste lorsque tout disparaît. Un vestige d’une idée, d’un savoir-faire.
Aujourd’hui le choix des matériaux est très contraint, dans un contexte de crise écologique, dans un monde aux ressources finies, les matériaux de construction représentent ainsi une variable essentielle.
L’artiste voit ses choix dictés par cette nouvelle règle. Les défis techniques et physiques auxquels il est soumis sont une chose, le sentiment d’être entravé par des règles immatérielles produit une censure d’une autre nature pour autant que la tyrannie des règles se distingue de celle qui est exercée par le matériau.
Réduire le vocabulaire à certaines ressources certifiées, respectant des normes et des standards c’est réduire la pluralité et la richesse des formes. Il s’agit de trouver la variable unique et universelle qui résout une formule impossible. Le problème est dans le paramètre, et non les variables.
Le recyclage, c’est choisir un paramètre où ces variables peuvent toujours s’exprimer.
C’est l’incarnation d’une posture alternative simple à des problématiques complexes : pour ne pas consommer de plus de ressources, il faut les réutiliser. 



Il faut creuser
encore



Il n’y a que des débris ici.
Toutes choses ont une fin, tout objet finit par être ruine. Si l’argile devient brique et fait temple et que le temple cesse alors la brique cesse, et l’argile cesse et tout devient ruine.
Pourtant seul le sens immatériel ici change, la ressource originelle est toujours là. Je peux la voir, car le matériau est irréductible à la forme. Il est le vestige d’une figure à laquelle l’œuvre renvoie.
Mais il y a quelque chose d’autre. Chacun de ces débris reflète une idée, une vie, un échec. Un déchet n’est pas vierge d’expérience, il est jugé comme ne valant plus la peine d’être utilisé et mis à l’écart. Mais une valeur est immatérielle et peut être acquise dans différentes contextes ; trouver une valeur aux choses étant le fondement même de notre identité.
Cet instinct contredit alors la notion même de déchet, qui n’est plus un état permanent mais bien une étape temporaire.
Un déchet est alors ce qui a été et qui attend d’être œuvre.
Son absolution ne peut venir que d’un acte fort, pour sublimer la ruine et en faire un vestige intemporel.
Faire revivre un objet que l’on qualifie de déchet, pour en faire une trace d’une expérience, une ambition, d’un mouvement.


Les voici



Soyez obnubilés par ces traces.
Les trace des hommes, qui passionnés par la vie, en ont tout oublié.
L’obsession est créatrice. C’est la volonté folle d’atteindre un point d’équilibre, un idéal – une limite.
L’obsession originelle est celle de la cellule qui se multiplie à l’infini pour survivre. C’est le vecteur de la vie, commun à toute chose : sans obsession il n’y a pas d’itération, pas de tentatives : le néant.
Ce vestige ancestral est un élixir de création, de passion et d’innovation. Sans cette essence il manque une équation : il n’y aurait qu’un nuage de point, flottant sur un repère orthonormé, sans raison d’être. L’obsession donne le ton, c’est une courbe – un cercle ?
Il y a un point de départ et un point d’arrivé – une limite. Une trajectoire que l’on pourrait dessiner ;
Et si on dessinait l’Obsession ?
On pourrait décrire progressivement l’objet ou l’idée qui nous tourmente, expliquer son influence et l’effet que cela produit. Mais il s’agit là de représenter un processus.
Pour comprendre l’Obsession il faut l’expérimenter comme un tout, il faut prendre part dans ce mécanisme.
Aujourd’hui, la Terre expérimente l’Obsession de l’Homme et en subit ses choix. L’Homme y demeure sourd, son esprit entraîné dans la boucle infernale de sa Tourmente.
Ce chemin que l’Homme a entreprit autrefois a laissé des traces. Une trajectoire circulaire dessinée sur un canevas marqué par l’Obsession.
Ces artefacts sont les traces d’une idée, d’une ambition créatrice ; d’un mouvement.



Mark